Pourquoi vous avez de la chance quand vous ne payez que deux fois plus pour une bière artisanale par rapport à une bière industrielle

Pourquoi la bière artisanale est 2 fois plus chère que la bière industrielle ?


La bière a beaucoup de qualités indéniables - son goût, son effervescence, sa nature peu ou légèrement enivrante - mais un autre avantage souvent inexprimé de la bière a toujours été son prix. Bien installée dans les moeurs, la bière est accessible et bon marché. Ne nous mentez pas, nous savons pourquoi vous avez amené votre pack de 6 kro à votre dernière soirée, plutôt qu’une bouteille de whisky !


Depuis une petite dizaine d’année cette idée de la bière bon marché commence à se dissiper à force que le houblon plonge dans le malt. Pour vous donner une idée des raisons expliquant cette différence de prix, nous allons vous présenter le cycle de vie d'une bière artisanale - du grain au verre - en expliquant, à chaque étape, ce qui est en jeu.


Les matières premières, la base de la différence de prix


Une bière se compose de 4 ingrédients de base : l’eau, le malt, le houblon et les levures. L’eau reste bon marché, ce n’est donc pas une préoccupation sérieuse pour la plupart des brasseries en matière de prix. Nous allons donc laisser cela hors de l'équation.


Le malt, la source des sucres qui deviennent l’alcool, qui fait la bière ce qu’elle est


Les macro-brasseries ont trois avantages clés par rapport aux brasseries artisanales. La taille de leur exploitation leur permet de demander des prix plus bas aux fournisseurs. C’est ce qu’on appelle les économies d’échelles. De plus, les macro-brasseries ne se gênent pas à y mélanger le maïs ou le riz - beaucoup moins cher que l'orge traditionnelle - dans leur bière - là où les micro-brasseries utilisent des malts de spécialités pour donner des saveurs particulières.

Par rapport aux brasseries artisanales, elles produisent généralement des bières à plus faible teneur en alcool, qui nécessitent beaucoup moins de malt par cuves de bière.


Selon Bob Hansen, un cadre d’une célèbre malterie américaine, un brasseur artisanal de taille moyenne peut s'attendre à payer de 40 à 50 centimes le kilo de malt, tandis qu'une macro-brasserie paiera moins de 22 centimes. Et tandis que cette même macro-brasserie utilise environ 40 litres de malt pour faire un baril de bière à faible teneur en alcool, un brasseur artisanal pourrait utiliser 70 à 100 litres de malt pour faire un baril de IPA ou de stout.


Cela signifie qu'un pack de six bières artisanales contient environ 65 centimes de malt, alors qu'un pack de six provenant d’une macro-brasserie contient environ 16 centimes



Le houblon, plante herbacée qui apporte une grande partie de la saveur distinctive à la bonne bière


Le houblon est utilisé en plus grande quantité dans les bières houblonnées (notamment les fameuses IPA) qui sont la catégorie la plus vendue dans le monde de la bière artisanale. Cette plante est surtout connue pour ajouter de l'amertume à la bière, mais peut également apporter divers arômes (fruits exotiques, arômes résineux…) selon la façon dont le brasseur va l’utiliser lors du brassage.

Il existe des centaines de variétés de houblon, chacune apportant sa propre amertume et saveur à la bière. Certaines variétés de houblon sont devenues très recherchées par les brasseries artisanales au cours des dernières années, ce qui a porté les prix à des niveaux records. Bien que la plupart des houblons coûtent entre 8 et 12 euros le kilo, certains types de spécialité coûtent jusqu'à 40 euros le kilo.


A l’inverse les macro-brasseurs n’utilisent pratiquement pas de houblon, c’est pour cela que leurs bières sont très rarement amères.


Rapporté au pack de bières, les 6 bières artisanales contiennent 53 centimes de houblon, alors que celle des macro-brasseurs contiennent maximum 5 centimes.


La levure : ingrédient clés pour créer l’alcool


Les très grandes brasseries cultivent leur propre levure et y consacrent rarement des sommes importantes. Disons que pour elles, le coût est nul. Les levures coûtent extrêmement chères, aux alentours de 30 centimes par pack de 6 bières artisanales.


Le brassage de la bière


Une fois que tous les ingrédients bruts arrivent à une brasserie, la fabrication de la bière peut commencer. Cela nécessite du travail. Plusieurs personnes avec qui j'ai parlé ont cité une règle empirique pour les coûts de main-d'œuvre qui dit qu'il faut environ 20 heures de travail pour fabriquer un lot de bière, peu importe la taille. Le salaire d’un brasseur est d’environ 12 euros / l’heure, ce qui signifie qu’un brassin coûte 200 euros. En fonction de la taille des brassins, cela signifie en moyenne que 15 centimes du prix final revient à la main d’oeuvre. C’est 20 à 30 fois plus que la bière industrielle, mais c’est aussi 20 à 30 fois plus de création d’emploi.


L’équipement et la location d’espace


Enfin, l'achat d'équipement (diverses cuves, embouteilleuse, étiqueteuse, le matériel de nettoyage…)  et la location (ou achat) d'espace pour une brasserie commerciale coûtent une belle somme d'argent - cela peut atteindre rapidement plusieurs centaines de milliers d’euros pour une petite brasserie et souvent plus d'un million d’euros pour les plus grosses brasseries artisanales.


L’emballage, ce premier frais caché qu’il convient d’avoir en tête


Que ce soit dans des canettes ou des bouteilles, l’emballage est étonnamment cher. Même en achetant en vrac, une bouteille en verre portant une étiquette de bière peut coûter jusqu'à 20 centimes. L'emballage est souvent l'une des dépenses les plus importantes d'une brasserie.


Le transport, ce second frais caché qu’il convient d’avoir aussi en tête


Bien que la bière artisanale en canette soit très répandue de l’autre côté de l’Atlantique, en France la bouteille est encore la reine. Et qui dit verre, dit matériaux lourd. En effet, contrairement au format canette qui est très léger, on atteint facilement les 14 kilos pour un carton de 24 bières de 33 cl conditionnées en bouteilles en verre. De quoi faire rapidement exploser les coûts de transport en somme !


A tout cela s’ajoute les coûts permanents - événements promotionnels, publicité, R & D, taxes - qui ne sont pas inclus dans la petite quantité de travail mentionnée ci-dessus.


La microéconomie de base nous dit qu'il est imprudent de comptabiliser explicitement ces dépenses passées, appelées coûts irrécupérables, lors de la tarification d'un produit, mais le propriétaire de la brasserie doit finalement récupérer cet investissement, sans parler de gagner sa vie. Pour ce faire, les brasseries ajoutent généralement une marge saine aux coûts avant de vendre la bière à un distributeur - environ 50% des coûts bruts, ce qui donne une marge de 33%.


En supposant des coûts d'ingrédients bruts de 1,31 euros, des coûts de main-d'œuvre de 15 centimes et des coûts d'emballage de 1,50 euros, la marge du brasseur finit par ajouter environ 91 centimes au coût final du pack de six (sans prendre en compte un quelconque transport).


Des saveurs incroyables et la recherche de nouveaux goûts


La bière artisanale est comme une recette qui prend le temps de grandir (...)


L’économie locale




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